|
| Guy Coda est né sur une frontière. Dans les montagnes. Entre les nuages et le
plancher des vaches. Entre deux pays. Entre deux cultures. Entre deux langues. Entre hier
et demain. Cest peut-être le secret de sa peinture : lexploration de tous les entre-deux, une indifférence non feinte aux choses établies et un dédain naturel du formalisme. Lorsque des sacs poubelles et quelques barils de lessive lui sont matière à nature morte, ce nest ni lessai dune esthétique moderniste ni le renouvellement dune vieille thématique. Cest lexploration par la peinture dun univers qui nous échappe parce que nous y sommes plongés. Ailleurs, lomniprésente télévision baigne les personnages dans des lueurs tremblantes où ils se désagrègent lentement jusquà ce que leurs formes mêmes deviennent une crépusculaire énigme. En contre point de cette interrogation inquiète du quotidien, de lautre côté de ce que nous peinons à voir, il nous offre un monde de paysages, de cavaliers, de nobles personnages ; tout le chatoiement de la création et de notre mémoire picturale de notre chaotique mémoire. On croyait depuis quelques temps quelle ne nous servait plus à rien. Cela repose sur un principe une manière, vaut-il mieux dire pour un peintre impeccablement maîtrisé : lEvocation. C'est-à-dire que lagencement précis de la couleur et du trait ne sappuie nullement sur la délinéation stable, mais sur la mise en branle dune culture de limage étendue de la Grèce à la Chine en passant par Florence. Ainsi, lorsque Guy Coda nous offre des images pour penser c'est-à-dire pour voir la modernité qui nous étouffe parce quelle nous échappe, il élabore de lautre côté du miroir quelque chose qui ressemble fort à une fête débridée de la peinture. Lart de lévocation que pratique Guy Coda consiste à faire naître non la chose mais son parfum ; ce qui touche au profond de notre silence devant le monde et que certains nomment lémotion. Il faut pour cela être un artiste très savant, versé dans la science du brin dherbe et des grandes batailles.Guy Coda est descendu depuis longtemps des montagnes mais il pratique toujours les limites, surtout les plus ténues. Le pays de Beauce offre de nouvelles explorations à son impérieux besoin de donner forme à linsaisissable. Et dans les larges paysages il excelle à évoquer, justement, cette fine couche entre ciel et terre où rampe on ne sait trop quoi, qui nous intéresse tant. Jean Maffioletti - Ecrivain et plasticien Il
ne devint pas le petit ramoneur des gravures du 19ème siècle que nous
connaissons, mais il fit le même parcours de la montagne à Paris où il vécut sept ans
de malheur avant de briser le miroir et de faire lartiste. Déjà les choses à
lenvers ! |
Menu Guy Coda |
© Guy Codaall rights reserved - poncon.com